Camille dresse ses 45 000 grammes devant moi , m'empêchant de me blesser encore un peu plus.Et plus le temps passe, plus c'est une plume qui s'agite, une légère qui s'avoue déjà vaincue, elle cède et bientôt je suis mal à l'aise. Tu sais je te l'avais confié j'avais un pressentiment mais là ça dépasse mes croyances et la réalité. Alors même si je ne m'effondre pas, le monde chute à mes pieds s'agenouille comme une seule larme clamant la pitié. Peu importe ces graphiques, les mots réconfortants des uns les regards perdus des autres, ça n'a aucun sens et ça ne justifie rien. Absolument rien. Je regarde son visage avec une extrême pudeur tu sais comme si c'était une mine d'or et que tu demandes si vraiment tu peux embrasser les pépites si tu ne rêves pas sauf que là le métal est lourd c'est pire que du plomb...
J'ai l'impression d'être balancé alors que je reste figé mais bordel qui s'amuse ? ... pourtant il y a qu'elle et moi ou plutôt que moi...Et là mes lèvres givrent, ça me fait drôle car je commence à comprendre. La projection commence et tout les sièges sont vides sauf un, le mien. L'écran est gigantesque mais il a l'air de se réduire à mesure que le film s'allonge comme si quelqu'un voulait m'interdire d'apprécier et de subir ce manège rétroactif. Les images ne s'attardent pas , quelques ralentis me viennent mais le pop corn reste en option funèbre. J'entends derrière un bruit ou plutôt une voix ce n'est pas Camille ça doit être Véronique peu importe qui sait on me dit que je dois partir que de rester ne changera rien à l'état de mon petit c½ur titubant dans ma poitrine...à la recherche de la brise qui me soulagerait peut être de cette phrase qui coupe mon présent et m'empêche de déserter la douleur. ''Y a plus à rien à voir.'' Comme si j'étais venu ici pour ça, pour voir, pour voir si j'allais tenir, être un peu moins faible que le matin devant un miroir après une nuit tourmenté. C'est blessant, je crois que ouais je vais partir... tout ça me donne envie de vomir. Je balance mon ticket de parking et je défonce la barrière mon dieu que c'est horrible quelques minutes de souffrance je ne l'aurais jamais cru...
Je fixe droit devant ,une ombre et même si je tourne elle ne me quitte pas, elle ne me quitte jamais.Pardon Camille pour tout à l'heure mais on apprend pas tout les jours que sa vie ne sera jamais plus la même non ça ne sera plus '' comme avant''. Parfois notre existence ne tient qu' à quelques grammes...